NE TIREZ PAS SUR LE PREPUCE!

Le développement des organes génitaux du petit garçon concentre souvent beaucoup d’interrogations de la part des parents inquiets de savoir si tout est bien normal. Le prépuce, peau qui recouvre l’extrémité du sexe masculin, est en particulier l’objet d’attentions souvent excessives issues de pratiques traditionnelles inutiles voire nocives.

Les temps changent, les pratiques médicales évoluent. On nous apprenait, lors de nos études médicales (au siècle dernier…), que le prépuce des enfants devait être décalotté progressivement mais régulièrement et fermement afin d’éviter des «adhérences» nuisibles à son bon fonctionnement. Cet usage ancestral s’accompagnait de saignements et de douleurs que la médecine officielle banalisait (« A cet âge, il ne sent rien et de toute façon, il ne s’en souviendra pas”). Ce rituel a été contesté par des études statistiques qui ont démontré que, spontanément, presque tous les garçons arrivaient à une rétraction complète de leur prépuce en fin de puberté sans qu’aucune manœuvre de traction antérieure intempestive n’ait eu lieu.

A la naissance, 95 % des petits garçons ont un orifice préputial serré, ne permettant pas de visualiser le gland sous-jacent. Le prépuce non rétractile est secondaire à une coalescence entre la muqueuse du gland et la peau du prépuce. À mesure que le pénis se développe, la face interne du prépuce se détache graduellement du gland, permettant une rétraction progressive. Le prépuce ne devrait donc jamais être écarté de force. L’existence de prétendues «adhérences» qu’il faudrait à tout prix lever est un mythe. Il n’existe ici qu’un défaut (transitoire) de clivage entre le feuillet interne du prépuce et le feuillet superficiel du gland. La desquamation des cellules épithéliales du gland donne naissance au smegma, structure blanche caséeuse que l’on voit volontiers s’accumuler sous une partie limitée du prépuce et qui s’éliminera toujours lors de l’ouverture progressive du prépuce.

Le phimosis vrai se définit par un orifice préputial étroit, resserré ne lassant absolument rien voir de l’orifice urinaire sous-jacent. L’indication d’une plastie ou d’une circoncision pour phimosis congénital ne requiert bien évidemment aucune urgence et peut attendre l’âge de 5 ou 6 ans. Cette intervention mérite de toute façon d’être précédée par un traitement corticoïde local durant quelques semaines qui permet (dans environ 90% des cas) un assouplissement de la texture cutanée et évitera ainsi une intervention et ses risques éventuels.

Il existe des médecins nostalgiques affirmant qu’il serait nécessaire de décalotter la verge des enfants afin d’assurer une hygiène parfaite de celle-ci. Ces théories hygiénistes ont même fait conseiller par l’école pédiatrique américaine des circoncisions systématiques de tous les nourrissons dont l’effet de mode parait dorénavant s’essouffler. Il n’existe pas plus d’infections du prépuce que de dermites du siège chez des bébés à qui l’on met en permanence des couches et dont la peau est soumise à une macération par les urines. Il suffit alors de traiter ces infections locales par des soins d’hygiène et des antiseptiques locaux. Les prépuces serrés n’ont pas de raison de s’infecter plus fréquemment que les prépuces ouverts.

Cessons donc enfin d’agresser inutilement et de faire souffrir nos petits garçons. Laissons les prépuces grandir et se développer sans se préoccuper des héritages socio-culturels. Nous éviterons ainsi beaucoup de sang, de sueurs et de larmes…et aussi quelques actes chirurgicaux discutables.

Dominique Le Houézec

http://pediablogdlh.blogspot.fr/

 

NE TIREZ PAS SUR LE PREPUCE

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Anne-Laure Tessonneau travaille sur l'hygiène vitale, l'éducation alternative, la psychologie et les entretiens naturopathiques depuis plus de 10 ans. Après avoir vécu et appris dans différents pays, en Asie, en Europe ainsi qu'aux Caraïbes, Anne-Laure vous fait partager son engouement pour une vie plus saine et sereine. Basée sur Paris, elle consulte en cabinet, à domicile et en ligne. Fondatrice du blog lasanteetlesplantes.com, elle est également auteure de différents articles publiés sur des sites de santé comme Greenweez (Weezlife), ainsi que d'un livre sur les soins naturels de l'enfant.

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